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Le mythe de la combinaison des protéines végétales à la vie dure

par
Grégory Dahan
|
9 Jan 2017

En 1971 le livre de France Moore Lappé, « Diet for a small planet » (Régime pour une petite planète), devint rapidement un best-seller mondial avec plus de 3 millions d’exemplaires vendus. Dans ce livre elle expose une théorie qui va provoquer un raz-de-marée dans le monde de ceux qui s’abstiennent de viande et de poisson : végétariens, végétaliens, vegans, …

Cette théorie affirme que les acides aminés contenus dans les végétaux sont incomplets et que de ce fait, il faut combiner 2 sources de protéines végétales au cours d’un même repas afin que puisse se former une protéine complète qui assurera à l’organisme croissance et maintien (1)

Ces allégations furent relayées par l’American National Research Council et l’American Dietetic Association (ADA) qui mirent en garde les végétariens en leur recommandant de combiner leurs protéines.

Qu’en penserait un grand hygiéniste comme Herbert Shelton ?

France Moore Lappé partait du point de vue qu’il est nécessaire pour l’humain de manger de la viande et qu’il fallait donc recréer l’équilibre protéinique fourni par les produits carnés (2). Elle assumait donc que la viande possédait un équilibre en protéines idéal pour notre espèce.

Les protéines ne constitueraient donc pas une nourriture essentielle à notre développement.

Y a-t-il une preuve de cela ? Hé bien, il suffit d’analyser le lait maternel humain : Eau (87,5 % environ), Glucides (7 % environ), Lipides (4 % environ), Protéines (1 % environ)

  • Lipides 4,4 g
  • Acides gras saturés 2 g
  • Acides gras poly-insaturés 0,5 g
  • Acides gras mono-insaturés 1,7 g
  • Cholestérol 14 mg
  • Sodium 17 mg
  • Potassium 51 mg
  • Glucides 7 g
  • Fibres alimentaires 0 g
  • Sucres 7 g
  • Protéines 1 g

On remarque donc qu’il contient 7 fois plus de bons sucres et 4 fois plus de bonnes graisses que de protéines, et cela au moment où le corps est en plein développement. On peut inférer avec certitude qu’un adulte n’ayant plus besoin de croître mais juste de maintenir et régénérer ses tissus a un besoin encore plus faible en protéines. Les protéines sont très acidifiantes pour nous, et nous savons qu’un terrain (corps) acide est synonyme de mauvaise santé.

On peut également affirmer avec certitude que le lait maternel humain est le plus adapté possible au nourrisson, contrairement au lait d’une autre espèce comme la vache. Cela fera l’objet d’un autre article.

Le mea culpa de F.M. Lappé

Frances Moore Lappé réalisa son erreur 10 ans plus tard en 1981, mais sa théorie avait déjà été intégrée dans le quotidien de millions de végétariens. Elle invalida sa propre théorie dans la nouvelle édition de son livre et déclara qu’en voulant abattre un mythe (la fatalité et l’inéluctabilité de la faim dans le monde), elle en avait créé un nouveau: le mythe de la complémentarité des sources de protéines.

Extrait de l’édition de 1981 de son ouvrage :

« En 1971, j’ai insisté sur la complémentarité des protéines parce que j’ai supposé que la seule façon d’obtenir assez de protéines […] était de créer une protéine utilisable par le corps comme protéine animale. En combattant le mythe que la viande était la seule façon d’obtenir de la protéine de haute qualité, j’ai renforcé un autre mythe. J’ai donné l’impression que si on voulait obtenir assez de protéines sans manger de viande, une attention considérable devait être portée au choix des aliments. En fait, c’est beaucoup plus facile que ce que je pensais. Avec trois exceptions importantes, il y a très peu de danger d’avoir un déficit de protéines en mangeant des aliments végétaux. Les exceptions sont les régimes très fortement dépendants (1) des fruits, (2) de certains tubercules tels que la patate douce ou le manioc, (3) de la malbouffe (farines raffinées, sucres, et graisse). Heureusement, relativement peu de personnes dans le monde essaient de survivre avec des régimes alimentaires dans lesquels ces aliments sont la seule source d’apport calorique. Dans tous les autres régimes alimentaires, si une personne obtient assez de calories, elle est en pratique certaine d’obtenir assez de protéines. » (3)

 

L’ADA changea également de position en 1988. L’auteur principal du document de prise de position sur le végétarisme, Suzanne Havala témoigne :

« Il n’y avait pas de fondement à [la combinaison de protéines] que je puisse percevoir […] J’ai commencé à passer des appels un peu partout et à parler à des gens pour leur demander quelle était la justification derrière le fait de dire qu’il fallait complémenter des protéines, et il n’y en avait pas. Et ce que j’ai eu à la place c’était des idées intéressantes de personnes qui était très compétentes et qui pensaient qu’il n’y avait en fait sans doute pas lieu de complémenter les protéines. Nous avons donc été de l’avant et changé le document sur ce point. » [Note: Le document a été approuvé à la suite d’un examen par des pairs et un vote de délégation avant de devenir officiel.] Et quelques années après, Vernon Young et Peter Pellet ont publié l’étude qui est devenue le guide contemporain définitif au métabolisme des protéines chez l’être humain. Et celle-ci a aussi confirmé que complémenter les protéines lors des repas était totalement inutile » (4).

 

Une étude de 1994 nous montre que :

« De nombreuses protéines végétales ont des teneurs un peu inférieures en l’un ou plusieurs des acides aminés essentiels, tout particulièrement en lysine, et dans une moindre mesure en méthionine et en thréonine, sans pour autant que la consommation exclusive de sources de protéines végétales empêche d’avoir une alimentation équilibrée en acides aminés essentiels. » (5)

 

Sources:

(1) Maurer, Donna. 2002. Vegetarianism: Movement or Moment? Philadelphia: Temple University Press. ISBN 1-56639-936-X p. 37
(2) http://www.towardsfreedom.com/219.html
(3) Diet for a Small Planet (ISBN 0-345-32120-0), 1981, p. 162; emphasis in original
(4) Maurer, Donna (2002) p. 38.
(5) (en) Young VR, Pellett PL, « Plant proteins in relation to human protein and amino acid nutrition », The American Journal of Clinical Nutrition, vol. 59, no 5 Suppl,‎ 1994, p. 1203S-1212S (PMID 8172124, lire en ligne [archive] [PDF])

 
 

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